Article · Dans le film

Les frères avaient médité du mal. Le verset de Joseph nomme le renversement — Dieu l'a tourné en bien.

Le film de DreamWorks sur Joseph condense un long récit de la Genèse en quatre-vingt-six minutes. Lisez Genèse 50:20 — le verset qui tient tout l'arc en une seule phrase.

Genesis 50:20

Joseph, le roi des rêves (2000), suite directe en vidéo du Prince d'Égypte, condense l'une des plus longues histoires de la Genèse — chapitres 37 à 50 — en un film d'un peu plus de quatre-vingts minutes. Joseph est le fils préféré de son père Jacob. Il rêve que des gerbes s'inclinent et que des étoiles s'humilient. Ses frères, jaloux, le jettent dans une fosse et le vendent à des marchands ismaélites. Il devient esclave dans la maison de Potiphar en Égypte, est faussement accusé, jeté en prison, interprète des rêves en prison, est convoqué chez Pharaon, devient second d'Égypte et sauve la région d'une famine.

Puis ses frères — sans le reconnaître — descendent en Égypte acheter du grain. Joseph pleure. Se révèle. Leur pardonne. Le dernier acte du film, en animation, est ce sur quoi la Genèse prend son temps. La phrase que Joseph prononce à la fin de sa vie est celle que tout le film a été bâti pour dire :

Genèse 50:20

"Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a tourné en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux."

Un renversement en une phrase

Le verset est l'une des lignes les plus citées de la Bible hébraïque, et l'une des plus moralement précises. Il ne dit pas que le mal des frères était secrètement bon. Il dit qu'ils ont médité du mal et que Dieu a médité autre chose. Médité en hébreu est chashab — le verbe du tissage, du dessein intentionnel. Les frères ont tissé un motif ; Dieu en a tissé un autre à travers. Le tissu sur le métier semble identique à qui regarde les fils tomber. Le motif n'apparaît que lorsque les deux desseins sont lus ensemble.

Le film, en animation, peut le montrer. La fosse, le chariot, la prison, le trône, la famine, les frères à la porte — chacun est filmé comme une scène distincte. Ce n'est qu'à la fin, avec Joseph qui pleure et parle, que les scènes se résolvent en une seule courbe. Les spectateurs ont regardé le même tissu des deux côtés.

Ce que le film laisse voir à Joseph

Le film ne fait pas de Joseph un saint qui aurait toujours compris. Il passe du temps amer chez Potiphar. Il chante sur l'identité perdue. Il interprète les rêves de l'échanson et du panetier sans confiance que quelqu'un se souvienne de lui. Le film garde le verset pour la fin parce que c'est là qu'il le mérite. Dieu l'a tourné en bien n'est pas une phrase que l'on prononce depuis l'intérieur de la fosse. C'est une phrase qu'on ne peut prononcer qu'après avoir survécu à la famine.

C'est pourquoi le verset se trouve au chapitre 50. Joseph est désormais un vieil homme, son père est mort, et ses frères craignent qu'il ne venge la fosse maintenant que Jacob est parti. Le verset est sa réponse à leur peur. Vous aviez médité de me faire du mal ; Dieu l'a tourné en bien. L'animation accorde à ce moment un long gros plan en larmes. C'est le plan fixe le plus long du film.

Ce que le verset ne dit pas

Le verset ne dit pas que le mal des frères fût petit. Il ne dit pas que la souffrance de Joseph dans la fosse, chez Potiphar, en prison fût mineure. Il nomme le mal pour ce qu'il était. Le renversement n'est pas dans le passé — ce qu'ils ont fait reste ce qu'ils ont fait — mais dans l'usage qui en a été fait. Pour sauver la vie à un peuple nombreux, dit le verset. Les greniers que Joseph a construits ont préservé l'Égypte et Canaan de la famine. Les frères, Juda compris, sont vivants parce que Joseph a pardonné à un frère jeté dans le même genre de fosse qu'eux avaient employé.

Le film honore l'asymétrie morale. Joseph pleure. Il embrasse Benjamin. Il invite la famille à descendre. Mais il ne dit jamais ce n'était rien. Le verset non plus.

Ce que font les chansons

La partition du film, par John Bucchino, comprend la chanson You Know Better Than I, que Joseph chante en prison. La chanson est le verset-en-cours. Je croyais faire ce qui était juste, je croyais avoir les réponses... Tu sais mieux que moi. C'est le verset prononcé par un homme qui n'a pas encore vu le tissu de l'autre côté, mais qui veut bien supposer qu'il y a un autre côté.

C'est pourquoi le film, malgré son statut d'animation pour enfants, paraît théologiquement plus mûr que la plupart des adaptations en prises de vue réelles. Il filme l'attente. Il ne saute pas au renversement.

Les quarante secondes

Lisez Genèse 50:20 une fois. Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a tourné en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Quarante secondes. Dans ce temps, tout l'arc de la vie de Joseph — fosse, esclavage, prison, trône, retrouvailles — y est contenu. L'animation du film est le côté visible du tissu. Le verset est le dessin.

La fosse est le spectacle. Le renversement est le verset. Tourné en bien est la ligne qui rend le pardon possible sans mentir.
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