Article · Dans le film

Le Milton de Pacino appelle la vanité son péché préféré. Pierre, bien plus tôt, l'avait appelé le lion qui rôde.

Hackford filme le diable en associé principal. Lisez d'abord 1 Pierre 5:8 — le verset décrit un rôdeur, non un tentateur derrière un bureau.

1 Peter 5:8

L'Associé du diable (1997) de Taylor Hackford place un jeune avocat nommé Kevin Lomax dans un cabinet de Manhattan dont l'associé principal, John Milton, se révèle être le diable. Le casting est la blague : Al Pacino, l'homme dont la voix a toujours semblé à un pouce du réquisitoire. Pacino joue le diable en associé principal — patient, charmant, généreux en primes et en temps. La tentation n'est pas bruyante. Elle est structurelle. Kevin dit oui au cabinet, puis oui à l'affaire, puis oui au secret d'un témoin, puis oui à un mensonge. Quand il comprend enfin qu'il a été recruté, le recrutement est terminé.

Le moment le plus cité du film est le monologue final de Pacino. La vanité, dit-il, quand on lui demande son péché préféré. Sans aucun doute mon préféré. Si fondamental. L'amour de soi. La scène est la chute. La mise en place est plus ancienne. Elle se trouve dans le Nouveau Testament, dans une lettre écrite par Pierre à des chrétiens dispersés, des décennies après la résurrection :

1 Pierre 5:8

"Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera."

Un lion, pas un avocat

L'image de Pierre est féline, non juridique. Le grec pour rôde est peripatei — la même racine qui donne en français péripatéticien, le philosophe qui enseigne en marchant. Le diable marche. C'est une créature de périmètre. Il patrouille. Il cherche les lents.

Le film de Hackford visualise précisément cela. Le Milton de Pacino est partout dans l'immeuble — dans les ascenseurs, sur les toits, derrière les bureaux, sur les quais du métro. Il ne reste jamais immobile, même assis. Il est, dans le verbe du verset, en mouvement. Il sélectionne.

Le verset ajoute comme un lion rugissant. Ce n'est pas le rugissement qui prend la proie. C'est la marche. Le rugissement annonce ce qui est déjà arrivé. Quand Kevin Lomax entend le rugissement, le cabinet l'héberge déjà.

Ce que sont la sobriété et la vigilance

Les deux adverbes que Pierre place devant le lion se laissent facilement glisser. Sobre en grec est nēphō — la tête claire, non enivré par quoi que ce soit, succès compris. Veiller est grēgoreō — rester éveillé. Deux vertus négatives. Elles empêchent la proie d'être choisie.

Le film rend cette négation visuelle. On offre à Kevin du champagne, du scotch, du sexe, des pièces en lin blanc, des ovations. Chacune est, en grec, l'inverse de ce que Pierre conseillait. Chacune le rend un peu moins capable de voir le pas du lion. Au paroxysme il n'est plus sobre et plus du tout éveillé.

La mère qui lit

La mère de Kevin, jouée par Judith Ivey, est une fidèle d'église en Floride. Elle apparaît à mi-film avec une Bible et une information vitale sur le père de Kevin. Le film ne la sanctifie pas. Il ne la laisse même pas l'emporter. Mais le verset qu'elle porte est celui sur lequel le film est bâti. Elle le lit depuis des années. Kevin l'ignore depuis tout autant.

La grâce du film est de la garder dans la pièce. Quand Kevin se retourne enfin, il se retourne vers ce qu'elle a dit.

La vanité comme gorge du lion

Quand Pacino prononce la réplique vanité, Hackford le filme en gros plan, presque amoureusement. Le péché que Pierre nomme n'est pas la vanité. Le péché qu'il nomme est le lion. Mais les deux sont joints. Le lion mange celui qui est trop épris de lui-même pour lever les yeux.

Le dernier acte de Kevin est un refus — quitter la plaidoirie finale qui aurait fait sa carrière. Le film boucle. Nous sommes revenus au début, avec un journaliste qui demande l'exclu sur le brillant jeune avocat. La vanité, dit Pacino face caméra, mon péché préféré. Le lion n'avait jamais l'intention de partir. Il faisait seulement le tour.

Les quarante secondes

Lisez 1 Pierre 5:8 une fois. Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Quarante secondes. Dans ce temps, on entend ce que le film a mis deux heures et quart à dramatiser. Le rugissement final est ce qu'on retient. La marche, avant le rugissement, est ce contre quoi le verset met en garde.

Le cabinet est le spectacle. La marche est le verset. La vanité, à la fin, est ce qui empêche la proie de fuir.
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