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Un seul Esprit. Plusieurs flammes. Compté, personne par personne — jamais versé comme une masse.

Chaque tête reçoit sa propre flamme. Lisez Actes 2:3-4 à côté de la haute toile d'El Greco — et remarquez l'inversion de Babel cachée à l'intérieur.

Acts 2:3-4

Au musée du Prado à Madrid est accroché La Pentecôte d'El Greco, peinte entre 1596 et 1600. La toile est haute et étroite — près de deux mètres soixante-dix de haut — et bondée de figures. En son centre, la Vierge Marie se tient les mains levées. Autour d'elle, les disciples — et d'autres femmes, dont Marie-Madeleine — lèvent les yeux. Au-dessus d'eux tous, une petite colombe blanche descend, et de la colombe un éventail de lumière tombe sur les têtes rassemblées. Sur chaque tête est posée une flamme unique, distincte.

C'est ce détail sur lequel le verset insiste :

Actes 2:3-4

"Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer."

La flamme qu'on pouvait compter

Des langues, semblables à des langues de feu, séparées les unes des autres. Le mot grec diamerizomenai signifie qui sont divisées, distribuées. Le feu arrive comme une seule chose et se divise, et une portion distincte se pose sur chaque personne présente. Luc est précis dans la phrase suivante : sur chacun d'eux. Pas sur le groupe. Sur chacun.

Un seul Esprit, compté

C'est l'argument silencieux du tableau. El Greco donne à chaque visage son petit feu propre, qu'aucun ne fusionne avec le suivant. Certaines têtes basculent en arrière de stupeur ; d'autres restent droites ; une ou deux sont en partie détournées. Les flammes ne sont pas identiques — légèrement différentes en taille, légèrement différentes en angle — mais chacune est réelle et chacune est séparée.

La théologie est dans l'arithmétique. L'Esprit vient comme un et est reçu comme plusieurs. Il n'existe pas de version de la Pentecôte où les disciples deviennent un corps unique absorbant un feu unique. Ils deviennent un corps dans lequel chaque membre a reçu un feu propre.

Ce qui vient ensuite

Le verset continue. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues. Le feu sur la tête devient langage dans la bouche. Chaque disciple dit quelque chose de différent — et pourtant, quand la foule au-dehors entend, chaque auditeur entend dans sa propre langue. Le miracle de la Pentecôte n'est pas une langue unique imposée à tous. C'est plusieurs langues qui convergent vers la même compréhension.

C'est l'inverse de Babel. À Babel, une langue se fragmenta en plusieurs parce que les bâtisseurs cherchaient un nom unique. À la Pentecôte, plusieurs langues convergent vers un seul message parce que l'Esprit a donné à chacun sa part. L'arithmétique est la même dans les deux sens, mais le verbe a basculé — confondre est devenu remplir.

Les quarante secondes

Recopiez le verset à la main — seulement la proposition : Des langues, semblables à des langues de feu, séparées les unes des autres, se posèrent sur chacun d'eux. Quarante secondes. Dans ce temps vous sentez ce que le tableau sait. Que quelque chose de divin, quand cela vient, est le plus souvent divisé — compté, personne par personne, jamais versé comme une masse sur un groupe. Que le feu qui se pose sur votre tête est vôtre seul, et est aussi exactement le même feu que celui qui s'est posé sur la tête d'à côté.

La colombe descend. Les flammes sont distinctes. Chaque bouche commence juste à s'ouvrir.
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